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Kanak - Enquête sur une collection

Kanak - Enquête sur une collectionUne enquête sur une collection

Ce projet artistique et culturel a comme fil conducteur l’itinéraire d’un donateur, Gervais Bourdinat (Bourges 1831 – Nouméa 1899) qui fit parvenir en 1884 au musée de sa ville natale (Bourges) un ensemble d’objets de la vie quotidienne Kanak.

En 2014, la curiosité suscitée par un casse-tête en bois pour préparer une « visite du midi » a été l’occasion de tirer le fil d’histoires qui se sont avérées très riches. La donation de Gervais Bourdinat comporte une centaine d’objets dont une majorité d’armes qui proviennent de Nouvelle Calédonie.

L’exposition et la publication ont la volonté de contribuer à la conservation, la restauration et à la connaissance d’une collection inédite appartenant aux musées de la ville de Bourges. Ces objets Océaniens ont rejoint l’inventaire du Patrimoine Kanak dispersé qui a débuté en 1980. Cet inventaire a permis de répertorier à ce jour plus de 170 000 objets Kanak dans 110 musées internationaux.
Le récit de l’exposition s’appuie sur la présentation d’oeuvres variées : ethnographie, archives, photographies, peintures, sculptures, collections d’histoire naturelle, documents graphiques, chef d’oeuvre de compagnonnage et art contemporain.es oeuvres d’artistes majeurs seront présentées.

L’exposition s’articule en deux sections : La collection Kanak donnée en 1884 et la vie du donateur de 1831 à 1899 – son enfance à Bourges, la commune de Paris, la Nouvelle-Calédonie, le bagne de l’Isle des Pins, l’ascension sociale à Nouméa. Le parcours s’achève sur l’histoire contemporaine avec la sculpture Tjibaou de Vincent Péraro. Un riche programme culturel accompagne l’exposition durant six mois avec des performances, des contes en musique, des visites commentées, des ateliers… et une boutique de vente de produits et d’ouvrages sélectionnés.

Un peuple méconnu


La nouvelle Calédonie est un archipel situé à l’Est de l’Australie et au nord de La nouvelle Zélande dans l’Océan Pacifique. Elle se trouve à 22 000 Kilomètres de la métropole. L'île principale appelée grande terre, est entourée par les îles loyauté à l’Est, L'île des Pins au Sud et les Îles Bélep au Nord. La capitale de la grande terre s’appelle Nouméa. La langue officielle est le français. Sac de frondes, casse tête, massue, et tapa kanak de la donation Bourdinat, collection musées de Bourges.

Les côtes maritimes habitent plus grand le lagon fermé au monde. La variété des fonds marins et la beauté du massif corallien ont permis leur classement au patrimoine Mondial de UNESCO.
Le sous-sol comporte un quart des réserves de Nickel du monde. L’extraction industrielle du minerai appelé or vert est entreprise par les colons dès 1864. L’exploitation des mines de nickel constitue un levier déterminant du développement économique.
L’archipel accueille une grande variété de flore et faune. Certaines sont rares comme le niaouli, un arbre à fleurs ou le santal, connu pour ses propriétés médicinales ou pour son parfum. L’île est peuplée de roussette grande chauve-souris traditionnellement chassée par les kanak pour sa chair et pour la récupération de ses poils dorsaux de couleur rouge brun, ou le Notou, une espèce de pigeon arboricole, aujourd’hui menacé d’extinction.
Les premiers hommes qui occupent la Nouvelle-Calédonie vers 1100 avant notre ère, appartiennent à la civilisation Lapita. Ils arrivent par l’Est de l’Asie et s’installent progressivement sur les littoraux. Les kanaks se retrouvent autour d’un grand chef et de la case qui est l’habitat traditionnel. Certaines traditions qui perdurent encore aujourd’hui comme la coutume, proviennent de cette époque lointaine. Vingt-sept langues sont encore recensées.
En 1863, Napoléon III prend possession du territoire et installe dix ans plus tard une colonie pénitentiaire. Aujourd’hui les descendants d’Européens sont issus pour la plupart de bagnards et de colons. A l’époque, des Kabyles sont également déportés d’Algérie vers la Nouvelle Calédonie.
Au cours de la colonisation, les populations autochtones Kanak se voient dépossédées progressivement de leurs terres et marginalisées. Il s’en suit des mouvements de résistance et de grandes révoltes (en 1868 et 1878) qui sont violemment réprimées.
Fruit de cette histoire et de l’immigration notamment Polynésienne, Japonaise, Indonésienne, la population actuelle de 250 000 habitants est pluriethnique.